ERT : les obligations de sécurité incendie de votre établissement recevant des travailleurs
ERT : de quoi parle-t-on, et pourquoi ce n'est pas un ERP
Un ERT, établissement recevant des travailleurs, désigne un lieu de travail au sens du Code du travail : bureaux, ateliers, entrepôts, sites industriels ou tertiaires employant des salariés. L'article R4227-1 du Code du travail précise que ces dispositions ne s'appliquent pas aux établissements recevant du public (ERP), qui relèvent d'un régime distinct, le Code de la construction et de l'habitation, ni aux immeubles de grande hauteur.
Un même bâtiment peut être à la fois ERT pour ses salariés et ERP pour le public qu'il accueille, chaque régime s'appliquant en parallèle sans se substituer l'un à l'autre. C'est le cas typique d'un commerce, d'un hôtel ou d'un établissement de santé.
Confondre les obligations ERT et ERP est une erreur courante : un plan de sécurité conforme au règlement ERP ne dispense pas l'employeur de ses obligations propres au titre du Code du travail envers ses salariés, et inversement.
Le socle : l'obligation générale de sécurité de l'employeur
Toutes les obligations incendie détaillées dans cet article découlent d'un principe unique, l'obligation générale de sécurité de l'employeur posée par l'article L4121-1 du Code du travail, qui impose des actions de prévention, d'information et de formation, ainsi qu'une organisation et des moyens adaptés au risque de l'établissement.
Les moyens de lutte contre l'incendie exigés dans un ERT
L'article R4227-28 du Code du travail impose à l'employeur de pouvoir combattre rapidement et efficacement tout commencement d'incendie, dans l'intérêt du sauvetage des travailleurs. En pratique, cela se traduit par des extincteurs adaptés à la nature du risque, positionnés et signalés de façon accessible, et par des équipements complémentaires (robinets d'incendie armés, réserves de sable) selon l'activité.
Le type d'extincteur n'est pas interchangeable : un feu électrique ou de liquide inflammable n'est pas traité avec le même équipement qu'un feu de bois ou de papier, ce qui rend l'analyse de risque préalable indispensable avant tout achat.
Centralisez le suivi de vos obligations ERT
CompliAssist suit en continu vos obligations Code du travail, ERP, ICPE et SEVESO, et calcule votre ScoreRisk : la preuve documentée à présenter en cas de contrôle.
Consigne de sécurité incendie et exercices : une obligation qui ne s'arrête pas à l'affichage
Au-delà des équipements, l'article R4227-37 du Code du travail impose l'affichage d'une consigne de sécurité incendie de façon très visible dans chaque local ou dégagement concerné, précisant les équipements disponibles, les personnes responsables et la conduite à tenir.
L'article R4227-39 du Code du travail va plus loin : des exercices et vérifications doivent avoir lieu au moins tous les six mois, avec un registre tenu à la disposition de l'inspection du travail consignant les dates et observations de chaque exercice.
Un registre d'exercices incomplet ou introuvable ne constitue pas seulement un manquement formel : en cas de contrôle de l'inspection du travail ou de sinistre, l'absence de preuve documentée fragilise la position de l'employeur, même si des exercices ont réellement eu lieu.
Le permis de feu : l'outil de référence pour les travaux par points chauds
Selon l'INRS, les travaux par points chauds (soudure, meulage, découpage) représentent 30 % des origines d'un incendie en entreprise. Le permis de feu encadre spécifiquement ces interventions en formalisant l'analyse des risques et les mesures de prévention avant, pendant et après le chantier, conformément à la démarche décrite par l'INRS dans sa brochure ED 6030.
Suivi des obligations incendie ERT : deux approches
| Suivi documenté (registre à jour, ScoreRisk) | Suivi papier ou tableur isolé | |
|---|---|---|
| Preuve des exercices semestriels (art. R4227-39) | Historique daté et consultable, accessible à l'inspection du travail | Souvent dispersé, difficile à produire en contrôle |
| Suivi des permis de feu émis | Centralisé et horodaté par chantier | Classeur papier ou email, facilement égaré |
| Vue d'ensemble multi-sites | Un indicateur unique (ScoreRisk) par établissement | Reconstitution manuelle, chronophage |
| Réactivité en cas de contrôle | Dossier consultable immédiatement | Recherche a posteriori, sous pression |
Dans les entreprises accompagnées par CountAct, une obligation réglementaire sur quatre est manquée ou mal documentée lorsqu'elle repose uniquement sur un suivi Excel. Les exercices d'évacuation et les permis de feu ne font pas exception.

Ce qu'il faut retenir avant de digitaliser son suivi
Ces trois piliers (moyens d'extinction ; consigne et exercices ; permis de feu) ne sont pas des démarches isolées : ils répondent tous au même impératif de prévention et de traçabilité. Un outil comme ScoreRisk, au sein de CompliAssist, formalise ce suivi en continu, sans remplacer ni l'inspection du travail, ni un bureau de contrôle agréé, ni l'avis d'un professionnel compétent pour l'application au cas particulier de votre établissement.
Aucun élément de cet article ne constitue un conseil juridique personnalisé. Seuls l'inspection du travail, un bureau de contrôle agréé ou un professionnel du droit peuvent qualifier précisément la situation de votre établissement.
SécuQuiz
Testez vos connaissances sur les obligations ERT
Question 1 sur 4
Un ERT et un ERP relèvent du même règlement de sécurité incendie.
Sources et références
- Article L4121-1 - Code du travail — Légifrance
- Article R4227-1 - Code du travail — Légifrance
- Article R4227-28 - Code du travail — Légifrance
- Article R4227-37 - Code du travail — Légifrance
- Article R4227-39 - Code du travail — Légifrance
- Le permis de feu - Démarche et document support (brochure ED 6030) — INRS
Questions fréquentes
Tom BasinResponsable des partenariats stratégiques
Diplômé d'un Master en prévention des risques, Tom Basin occupe le poste de responsable partenariats au sein de CountAct, contribuant au développement et au déploiement de la première solution clé en main d'accompagnement à la gestion de crise, avec pour objectif de replacer la sécurité au cœur des entreprises. Ses expériences ainsi que ses formations en master et à l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice lui donnent une large vision du domaine de la sécurité et de la gestion de crise.



